Sylvie Géroux, le Blog

  • Les petites culottes de Monsieur Masterton 15 July 2013 | View comments

  • Disparition de lingerie inquiétante près de Salem

    C’est enfin l’été à Londres. Les journées s’étirent jusqu’à plus de 21 heures et les nuits sont si chaudes qu’il est difficile de trouver le sommeil. C’est le moment rêvé pour la lecture. Je me suis donc plongée ces dernières semaines dans quelques romans d’épouvante, avec l’intention non dissimulée d’espionner un peu la façon dont les auteurs parviennent à mettre en vitrine tripes, sang et cervelles.  Ayant déjà éclusé un grand nombre des Stephen King disponibles, je me suis tournée vers le grand maître de l’horreur, Graham Masterton. Et autant l’avouer, je ne me suis pas ennuyée. J’ai eu mon compte de boyaux, de malédiction et de morts douloureuses.

    Toutefois, c’est une autre spécialité locale qui m’a interpelée lors de ma dernière lecture de cet écrivain. En effet dans Le Démon des Morts, les disparitions de petites culottes sont presque aussi courantes que les meurtres sanglants. Bon, la première fois que ce détail est signalé (si je ne me trompe pas concernant la tenue vestimentaire habituelle de la défunte épouse du héros), vous vous dites : « Hum tiens, bizarre. »

    Mais c’est ensuite la jeune propriétaire d’une boutique du village, pour qui le héros ne tarde pas à succomber qui se promène sans sous-vêtement, en jupe qui plus est, et alors que l’auteur insiste sur la vague de froid qui traverse le pays. Là, j’avoue que mon sourcil droit s’est levé d’un cran, la perplexité remplaçant peu à peu l’étonnement.

    Et voilà qu’une troisième femme, l’assistante d’un vieil excentrique, plein aux as et vivant en reclus dans cette même ville, s’avère elle-aussi délaisser les dessous en tout genre. Et notre héros ne semble ni s’en formaliser, ni même s’en étonner. Ce n’est pas mon cas, bien sûr et jusqu’à la fin du roman je me suis interrogée sur le dessein qu’il y avait derrière tout cela.

    Quel rapport avec l’histoire ? Puisque nous étions dans une petite ville près de Salem, allions-nous découvrir que les sorcières pour des raisons éthiques ou ésotériques ne pouvaient supporter le carcan que représentait le slip, le string ou autres caleçons ? Ou qu’il s’agissait d’une vieille tradition du coin en hommage à Lafayette et aux sans-culottes français de la révolution ? Ou simplement, qu’une grève des routiers avait rompu l’approvisionnement de la dite lingerie ?

    N’ayant pas trouvé de réponse satisfaisante à ces questions pourtant cruciales dans le roman de Masterton, je me suis donc attaquée à sa biographie. Et c’est avec un demi-sourire un rien ironique que je découvris que l’auteur de ce livre avait également été éditeur du Penthouse, et qu’il était l’auteur de manuel sur la sexualité… Un raccourci un peu facile, me direz-vous ? Peut-être… Mais franchement, dans quel monde autre que celui du Penthouse, verrait-on une jeune femme affronter une tempête de neige en jupe et sans lingerie ? Et bien dans celui d’un roman d’épouvante de Graham Masterton ! ^_^

    Sylvie

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